Léon Perrin et la figure

La majorité des figures de Léon Perrin sont féminines, à l'exception du "Fanatique" ou de "l'Homme marchant", et sans compagne comme "Sapho jeune", "Vénus" ou "Walkyrie". Parfois, Léon Perrin associe une des figures isolées à d'autres: prenons le cas des "Trois Grâces" dont la femme placée à gauche est la même que "Vénus". D'autres fois, il reproduit une même figure dans des dimensions ou des matières différentes, telles "Melpomène" ou "Pénélope" (1)

Dans tous les cas, ces figures, seules ou associées, sont indépendantes et vivent de leur vie propre. Ce souffle provient du jeu des reflets de la lumière sur les surfaces plus ou moins polies des créations de Léon Perrin. L'ondoiement de la lumière, né de l'alternance du rugueux et du lisse, évoque les touches plus ou moins épaisses des toiles impressionnistes captant les impalpables phénomènes de l'atmosphère.

A ces figures, l'artiste donne souvent des noms empruntés au répertoire traditionnel de la sculpture: sujets mythologiques, historiques, bibliques ou allégoriques. Cependant, si les thèmes sont traditionnels, leur traitement l'est moins car l'auteur ne suit pas de codes iconologiques permettant de reconnaître une figure grâce aux attributs qui lui sont réservés. Ainsi se pose le problème du titre par rapport à la représentation. En effet, seul le titre fait qu'une sculpture de Léon Perrin s'élève vers la mythologie, l'histoire, l'allégorie ou alors s'abaisse à la scène du genre et au nu.

(1) "Pénélope" se trouve au Locle en bronze et au cimetière de La Chaux-de-Fonds en pierre et agrandie.


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